Je le rappelle souvent à mes consultants qui me disent qu’ils son trop sensibles : « Votre sensibilité est une force ». Elle permet de percevoir les ambiances, de ressentir les autres avec finesse, de capter des détails que beaucoup ne remarquent pas et d’être profondément touché par ce qui nous entoure. Mais lorsque cette sensibilité devient trop intense, elle peut aussi devenir fatigante. Vous pouvez avoir l’impression d’absorber les émotions des autres, de vous sentir vidé après certaines conversations ou de ne plus savoir ce qui vous appartient réellement. L’objectif est donc d’apprendre à rester ouvert à ces informations entrantes (inputs) sans tout laisser entrer.
Faire la différence entre ressentir et absorber
Lorsque vous entrez dans une pièce et que vous sentez immédiatement une tension, cela ne signifie pas forcément que cette tension vous appartient. C’est une distinction essentielle, car une personne sensible peut facilement confondre ce qu’elle perçoit avec ce qu’elle ressent personnellement. Par exemple, vous arrivez quelque part de bonne humeur et, quelques minutes plus tard, vous vous sentez irrité ou anxieux sans comprendre pourquoi.
Prenez alors l’habitude de vous poser ces deux questions simples :
- Est-ce que cette émotion était présente en moi avant d’arriver ici ?
- Quelqu’un m’a-t-il fait sentir de la sorte ?
Ces questions permettent déjà de créer une distance. Mais elles vous permettent aussi de savoir si ce sont VOS émotions ou celles des autres ou des mémoires du lieu… Si vous répondez « Non » à ces deux questions, c’est que vos émotions viennent de l’extérieur.
Vous pouvez percevoir une émotion sans devoir la porter. Je considère cette distinction comme l’une des bases pour développer une sensibilité plus saine.
Revenir régulièrement dans votre corps
Plus vous êtes sensible à votre environnement, plus vous avez besoin d’être solidement ancré dans vos propres sensations.
Lorsque toute votre attention est tournée vers l’extérieur, vous devenez plus facilement influencé par ce qui se passe autour de vous. Revenir à votre corps est alors nécessaire.
Prenez quelques secondes pour sentir vos pieds au sol. Observez votre respiration. Relâchez vos épaules. Sentez le poids de votre corps sur la chaise. Vous pouvez également placer une main sur votre ventre et respirer lentement pendant une ou deux minutes. Ces gestes ramènent votre attention vers vous.
Et plus vous développez cette présence corporelle, plus il devient facile de sentir la différence entre ce qui vient de vous et ce qui vient de votre environnement.
Apprendre à poser des limites
La sensibilité devient souvent envahissante lorsque les limites sont floues.
Vous pouvez être très empathique et pourtant ne pas être disponible pour tout le monde en permanence. Dire non à une conversation lorsque vous êtes fatigué ou prendre de la distance avec certaines personnes n’est pas forcément un manque de compassion. C’est plutôt une forme d’hygiène émotionnelle essentielle.
Vous pouvez par exemple dire : « Je préfère qu’on en reparle demain. » ou simplement vous accorder quelques minutes seul après une interaction intense… Poser vos limites ne fait pas de vous une mauvaise personne, au contraire ! Elles vous permettent justement de rester ouvert sans vous épuiser. Vous apprenez également à vous respecter et à vous faire respecter.
Créer des moments de décompression
Certaines personnes sensibles accumulent énormément de stimulations au cours de la journée sans jamais vraiment les relâcher. Bruit, conversations, écrans, travail, émotions des autres…et tout s’accumule. Or, votre système a besoin de moments où il peut redescendre et se poser. Une marche dans la nature, une douche, quelques minutes de respiration, du silence, une séance d’étirements ou simplement le fait de rester sans téléphone pendant vingt minutes peuvent déjà faire une (grosse) différence.
Personnellement, je trouve que marcher dans la nature est l’un des meilleurs moyens de retrouver rapidement un état plus neutre. Vous voyez, il ne s’agit pas forcément de faire une longue pratique spirituelle…!
Ne pas chercher à vous protéger de tout
Lorsque l’on découvre sa sensibilité, on peut être tenté de vouloir se protéger constamment. Avec des visualisations, des pierres, des techniques de protection énergétique ou l’évitement de certaines personnes qui peuvent parfois donner une sensation de sécurité. Mais il faut éviter que la protection devienne une nouvelle forme de peur.
L’objectif est plutôt de développer votre stabilité intérieure. Votre sensibilité comme une radio : il s’agit d’apprendre à vous mettre sur la bonne fréquence et à régler le volume. Nous sommes des radios : émetteurs et récepteurs ! Par exemple, si vous captez une fréquence désagréable, baissez le volume et/ou changez de fréquences :
- celle que vous émettez, en changeant votre état intérieur,
- ET celle que vous recevez, en posant vos limites.
Faire de votre sensibilité une boussole
Gardez en tête qu’une sensibilité bien régulée peut devenir un véritable outil. Elle peut vous aider à sentir lorsqu’un environnement ne vous convient pas, lorsqu’une relation vous fatigue ou au contraire lorsqu’une situation vous apporte de l’énergie.
Mais pour qu’elle devienne une boussole fiable, il faut apprendre à l’écouter sans lui obéir aveuglément. Une sensation est une information, et pas toujours une vérité à prendre au pied de la lettre. Prenez le temps de l’observer et de voir ce qu’elle essaie réellement de vous montrer.
Avec le temps, vous pouvez devenir à la fois plus sensible et plus stable. Et c’est finalement tout l’enjeu : rester ouvert au monde sans vous perdre dans les méandres de ce que vous ressentez. Développez le point de vue de l’aigle !
Pour apprendre à mettre votre sensibilité au service de ceux dans le besoin, de vos proches et de vous-même, vous pouvez vous former à la méthode de soin énergétique NIJI avec moi !
Crédits photo
Image générée par l’IA
L'Art de la Méditation – Matthieu RICARD
Matthieu RICARD est docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste tibétain, auteur et photographe. Depuis 1989, il est l'interprète en français du dalaï-lama.Ce livre est une merveille tant pour son accessibilité, qui conviendra aux débutants en méditation, que pour la beauté de sa simplicité. C'est ce livre qui m'a introduit à la méditation, il y a quelques années maintenant. Je vous le recommande fortement !